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Lorient 1 2017

La sortie du Fontenay Aqua Rivage à LORIENT - Mai 2017

LORIENT 1 2017


  • Pays

        La Celtitude
  • Durée du séjour

    3 jours
  • Tour opérateur

  • Booking

    - Edmond T, valeureux organisateur et valeureux moniteur en chef
    - Stéphane H, valeureux moniteur
    - Eric G, valeureux moniteur
    - Philippe N, valeureux moniteur
    - François A, valeureux élève
    - Jérôme S, valeureux élève
  • Les photos du weekend

    Elles sont là :
  • Budget

    395 €

Les plongées autour de l’île de Groix, une valeur sûre. De notre envoyé pas très spécial détaché sur place, Stéphane H.
Le 12 mai 2017, ils étaient 6 plongeurs au départ de Fontenay-aux-Roses, prêts à en découdre avec le Dieu Celte des mers, le bien nommé Manannàn mac Lir, Mannois fils de l’océan. Par un temps pluvieux, ils partirent à 18h30 dans leur beau minibus gris tout rutilant. Arrivés à bon port vers 00h30, tous ces valeureux plongeurs se couchèrent, ils s’endormirent rapidement et révèrent aux plongées qui les attendaient.

13 mai

Après un petit déjeuné pris dans un brouhaha infernal, le centre est bondé de plongeurs. Ils ont rendez-vous à 8h45 pour le check des niveaux de plongée et les certificats médicaux. Dans l’air flotte un sentiment indescriptible, la motivation sans doute. Ils préparent leurs scaphandres et s’équipent rapidement. C’est dans ces moments là que l’on reconnait les plongeurs du Fontenay Aqua Rivage. A bord d’un semi rigide piloté par Sylvain, ils prennent le cap de l’épave du SP134 FALKE. La mer est relativement calme. Après le repérage de l’épave au sondeur et le largage de la gueuse, ils écoutent attentivement les dernières consignes de plongée et l’histoire de l’épave. Pendant ce temps, deux autres plongeurs sont descendus arrimer le bout de la gueuse à l’épave.

Un peu d'histoire

Le navire a coulé devant Port Tudy, le port de l’île de Groix, sur un fond de 23 m. Le 8 aout 44, trois navires allemands sont au mouillage devant Port Tudy, deux spreebechers (Ce sont des « briseurs d’obstacles » destinés à la protection des U-Boote) le Rostock et le Falke, et le torpilleur T24.

Soudain des bombardiers britanniques fondent sur les navires allemands. Les avions larguent leurs bombes, une énorme déflagration survient. Le SP134 n’est pas touché, mais l’onde de choc a créé plusieurs voies d’eau importantes. L’explosion de la chaudière déclenche un début d’incendie. Le commandant Hoffmann ordonne l’évacuation du navire. Le SP 134 s’enfonce rapidement par l’arrière en moins de quinze minutes. Malgré la cruauté de la guerre, les groisillons viennent au secours des marins allemands. Il n’y aura aucune victime.

Alfred Friedrich a réussi à rejoindre la rive à la nage, après un mois de vacances sur Groix, il est affecté sur un caboteur ravitaillant Quiberon et Belle-Ile. A la reddition de la poche de Lorient en mai 45 il est fait prisonnier « à vie ». Après un court temps de travail obligatoire. Il travaille comme ouvrier agricole, épousera une Bretonne et demandera la nationalité française en 1954.


La plongée

Après ces explications et une bascule arrière les plongeurs s’enfoncent dans les flots en suivant le mouillage. L’épave est en vue. Elle grouille de vie : tacauds, congres, homards, araignées et même un Saint-Pierre… A l’étrave ils découvrent la perche articulée destinée à déclencher les mines acoustiques. A la poupe une énorme roue, support d’une pièce anti aérienne. L’hélice et les pièces d’artilleries ont disparu.

Jérôme et François sont en formation niveau 2, ils profiteront moins de l’épave. Les palanquées ne doivent pas dépasser les 40 min d’immersion autorisées, il est temps de stopper la plongée et de remonter.


Re un peu d'histoire

Le 12 janvier 1918. l’USS P. K. Bauman et l’USS Anderton quittent Bénodet. Il neige et la brume ne facilite pas la navigation. Ne voulant pas écouter les conseils du commandant de l’Anderton, le commandant du PK Bauman jette son navire sur la roche Men a Téas, à la pointe de Trévignon. Après un premier essai non concluant, l’Anderton parvient à remorquer le PK Bauman et tente de rejoindre Lorient en longeant la côte. Le PK Bauman devenant de plus en plus lourd du fait de ses voies d’eau racle le fond. A 17h15 il sombre à un mille dans le sud de la pointe du Talut. L’équipage rejoint l’Anderton.

La plongée

Le bout du mouillage est arrimé. Il est temps de basculer sous la surface. Le bout amène les palanquées sur l’arbre de l’énorme hélice. Ils remontent alors jusqu'à la machine en suivant l’arbre d’hélice puis trouvent la chaudière. La coque en bois a complètement disparu mais l’ancre est toujours en place dans son écubier à l’avant de l’épave.

Et si on remontait maintenant…

Après le diner, quatre des plus valeureux plongeurs (Edmond, Eric, Jérôme et Stéphane) s’octroient une petite détende bien méritée dans un bar à Larmor Plage. Ils se remémorent ce qu’ils ont vu et commentent les moindres détails. Le mojito coule à flot.

Deux autres plongées les attendent demain.


14 mai

Les yeux encore tout embrumé, ils s’équipent, les combinaisons de néoprène sont encore humides, c’est frais. Brrrr….. La plongée du matin sera consacrée à l’épave au canon.

V709 Guido Möhring

Longtemps identifiée comme le M10. Cette épave au canon est bien celle du V709 Guido Möhring. Le seul point commun entre ces deux épaves est leur nationalité allemande. Le M10 a été sabordé par les allemands et renfloué après-guerres. Les différences notables entre ces deux navires allemands sont la longueur, 45 m pour l’épave au canon (le V709), 68,10 m pour le M10, les poupes, arrondie pour l’épave au canon, carré pour le M10.

Le 18 avril 1941, des pécheurs groisillons remontent dans leur chalut une torpille britannique. Le V709 est appelé pour neutraliser l’engin. Ce dernier est déposé sur le pont du V709, mais soudain la torpille explose. Plusieurs marins sont tués dans l’explosion. On tente un remorquage pour rejoindre Lorient, mais la mer est mauvaise. Le commandant décide de transférer les marins sur les autres navires venus en soutien. Vers 19h00, le V709 gît brutalement sur bâbord et disparait en quelques minutes.

On plonge

Après le plouff de la bascule arrière, les trois palanquées de ces valeureux plongeurs se retrouvent sur l’épave. Ils sont à 30m, pour Jérôme et François, c’est une première. A l’avant de l’épave encore bien conservée, le canon de 8,8 cm pointe vers la surface, une chaine tendue mène à l’ancre sur bâbord. L’arrière, du fait de l’explosion, n’est qu’un amas de tôle, c’est le paradis des poissons. L’hélice a disparu mais il est encore possible de reconnaitre une partie du système de barre. La profondeur est importante, il temps de remonter pour éviter de nombreuses minutes de paliers de décompression.

La plongée de l’après midi se fera de nouveau sur le SP134 Falke.

Le soir, la totalité des autres groupes ont quitté le centre. Les valeureux plongeurs ont donné congé à l’équipe de restauration. Edmond, le chef de ces valeureux plongeurs a réservé une table dans une crêperie le « Ty Rouille » à Lomener. Dans le restaurant, ils se retrouvent autour d’une table ronde, comme ces valeureux chevaliers autour du roi Arthur. En attendant les commandes, ils se désaltèrent avec les produits locaux : cidre, whisky ….. On est en Bretagne, il faut soutenir l’économie locale. Soudain les conversations s’arrêtent, et l’on attend seulement les bruits des fourchettes dans les assiettes, c’est l’effet crêpes. Ca doit être délicieux….

Bon c’est bien tout ça, mais il faut songer à rentrer, demain ce sont les deux dernières plongées.


15 mai

Ils sont tous là à attendre que le rideau du local plongée se lève, fidèles à la divise du FAR : « Quand t’es à l’heure, t’es déjà en retard ».

Au programme une épave pour la première plongée, Le Cyrano et pour l’après midi une roche, le sec de Tahiti.

Le Cyrano

Le Cyrano, réquisitionné par le Hafenkommando, est affecté à la 40ème flottille de dragueurs de mines. Il nettoie les chenaux d’accès des U-Boote basés à Lorient. Il porte les couleurs de la Kriegsmarine et le numéro M4021. Le 28 janvier 1944, il percute une mine près de l’île de Groix et coule en quelques minutes. Il n’y aura pas de victimes.

Avant dernière bascule arrière, à l’unisson. Tel le Commando Marine Hubert, on entend qu’un seul « splash », de vrais pro ces plongeurs. Ils retrouvent l’épave par moins 18 m. La machine avec ses bielles et la chaudière sont bien reconnaissables, le safran est également visible. L’hélice est pratiquement ensablée, seule une pale est visible ressemblant à une nacre de méditerranée. La coque attaquée par la corrosion s’est affaissée. L’épave est habitée par une multitude de copropriétaires, tacauds, congres, homards et une multitude d’autres résidents.

La der des ders (du séjour). Le sec de Tahiti, non loin de Tahiti Beach, plage très prisée des groisillons surtout au moment du festival international du cinéma de Groix. On peut y croiser toutes les stars du moment comme Isabelle Saint-Pierre, Richard Congre et ce bon vieux Jean Tacaud... Bref, revenons à nos poissons. Ce sec s’explore à partir du fond, (quinze mètres) puis on remonte en spirale tout doucement jusqu'à trois mètres. On y rencontre toute la faune et flore de la Bretagne à qui sait chercher dans toutes les anfractuosités.

Il est maintenant temps de rentrer au centre, il faut boucler les sacs de plongée et les valises.

François a enfin validé le niveau 2 commencé en 2014, Jérôme à bien progressé, il a commencé le niveau 2 sur ce séjour. Ce ne sera qu’une formalité à la prochaine sortie fin juin17.

De l’avis de ces warriors, ce fut une belle sortie, beau temps et bonne ambiance comme d’habitude. Toujours bien organisée par Edmond comme d’habitude. Ils reviendront. C’est sûr.

Sur le bateau

Lorient plage

Staff


Le Départ

A 17h30, ils reprirent leur beau minibus gris tout rutilant pour rejoindre Fontenay-aux-Roses, où les attendaient leurs chères et tendres, fiers de leurs conjoints. Ils en parleront dans les chaumières encore de longues années à leurs enfants et petits enfants de ces plongées à l’île de Groix. Ces contes se transmettront de génération en génération en racontant comment six valeureux plongeurs ont défié le dieu celte des mers, le bien nommé Manannàn mac Lir, Mannois fils de l’océan.
(Sources épaves : Naufrages en pays de Lorient Editions Scyllias).

Kerguelen, Cyrano, FAR, Lorient

Commentaires (4)

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Merci Stéphane. Superbe article avec un gros plus pour le détail historique des épaves. J'en sais maintenant plus que ce que l'on apprend lors des briefings sur le bateau. Mention spéciale pour la crêpe : idéale pour le régime . Devezh mat.

 
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On remarque que la température de l'eau n'est jamais précisée... Mais bon, ça donne envie quand-même !
Ça tombe bien, on sera de la partie pour Lorient 2

 
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Ce n'était pas un paramètres importants pour ces valeureux plongeurs, ce sont des warriors !!!

 
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Tres belle série de photos gastronomiques : le FAR s'est reconverti ?

 
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